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Le sapin croche, une nouvelle tradition pour Montréal

Le sapin croche, une nouvelle tradition pour Montréal
Heille on en as-tu parlé du sapin croche de la place des Festivals? Quasiment autant que Safia Nolin. Il est à’ veille de faire le cover du Voir lui avec. C’est vrai qu’il est épouvantablement croche, mais mon Dieu qu’il est drôle. On dirait un chum de brosse, un peu titubant, qui sort d’un bar, pis qui te dit « Je t’aime » aux deux minutes. On le trouve tellement beau, même s’il n’est pas tout à fait normal. C’est pourquoi j’ai eu un flash.

J’ai appris récemment qu’en Catalogne, ils ont pour tradition de placer dans la crèche, le Caganer, un petit bonhomme en position accroupie qui fait ses besoins. Cela symboliserait la fertilité et la prospérité (je vous jure que c’est vrai. Allez voir sur google.). C’est une tradition étrange, mais unique, recréée chaque année dans chaque famille. Pourquoi on n’aurait pas une tradition weird nous aussi? Chaque année, on revient sur la place des festivals avec le sapin le plus laid qu’on a trouvé. Au lieu d’essayer d’avoir le plus beau ou le plus gros en Amérique, pourquoi on n’essaierait pas plutôt d’avoir le plus bâtard? Dans 40 ans, on continuerait à se rassembler avec nos enfants, et petits-enfants, sans vraiment se rappeler « du pourquoi, du comment » on se réunit autour d’un gros sapin pas cute, mais on expliquerait quand même aux plus jeunes qu’il n’y a rien de plus merveilleux qu’être différent des autres, pis de s’assumer.  

 

Il n’y a rien de montréalais à vouloir être « le plus gros fat big ». Pas qu’on est une gang de pas bons, mais on n’a absolument rien à gagner à essayer de battre New York. Encore moins avec un sapin. C’est pas nous. Montréal est une ville hétéroclite remplie d’artistes, de créatifs et de weirdos en tout genre. Elle est construite un peu tout croche, comme le sapin, pis on l’aime comme ça. C’est une ville européenne en Amérique. Une métropole qui « think big », mais avec de la classe. Qui a toujours su faire différent avec peu de moyens. Qui sait rayonner sans compétitionner (avec qui tu voudrais qu’on compétitionne de toute façon?). 

 

Donc, fin novembre 2017, je propose qu’on en trouve un encore plus déconcrissé. Ensuite, on fait une inauguration digne de l’arbre. On invite McGilles, Gabrielle Destroismaisons pis Patsy Gallant, pis on allume ça en chantant du Beau Dommage (23 décembre… pas le phoque en Alaska… duh.). Le concept du lancement peut être revu, mais l’idée est là. En fait, je crois que je serais même déçu que ce soit un sapin normal l’an prochain. Personne n’en parlerait. Ce serait comme une grosse décoration moche de Walmart. Osons mon Rozon comme dit l’expression (je viens de l’inventer, mais je trouvais que ça faisait ben montréalais comme dicton.).

 

D’ici là, apprécions au lieu de critiquer. J’ai toujours dit qu’on n’aimait jamais quelqu’un pour ses qualités, mais pour l’acceptation de ses défauts. Si tu le trouves vraiment trop laid pour le regarder le sapin, c’est peut-être que tu t’en fais un peu trop dans la vie. Prends un break. Installe-toi tout seul devant l’arbre, pis demande-toi profondément ce qui te dérange. Finalement, tu vas peut-être te rendre compte qu’il est magnifiquement unique ce sapin là… comme toi d’ailleurs (ooooonnnhhhhh cuuuuuute).

 

Salut là. 

Oh Oh Oh, C'est Nowel pi toute.

Oh Oh Oh, C'est Nowel pi toute.
 

C’est le grand retour du temps des fêtes. La tourtière à mémère, les cousins à qui on a pas grand chose à dire, les enfants qui se pètent le genou sur le bord des tables basses, pépère qui joue une toune plate au piano. Que du bon temps.

J’avais pensé aller dans le sud cette année, mais j’ai changé d’idée. Parce que boire un pina colada en chantant Guantanamera, le 25 décembre, ya rien de plus déprimant. On a la chance ici de vivre dans l’un des pays les plus froids dans le monde, aussi bien en profiter. Et il n’y a qu’à partir du 26 où on a le droit d’être tannés de la neige. Avant ça, c’est yinke de la magie. Pis il y a quelque chose avec le temps des fêtes qui me fascine. C’est comme si tout le monde s’étampait un sourire dans la face pendant trois semaines. On se croirait dans le premier épisode de la saison 3 de Black Mirror… mais en lfun (c’est vraiment pas grave si tu ne l’as pas regardé. Imagine.). 

Et il y a les traditions. Dans une époque où l’on n’a plus rien à quoi se rattacher, on sait qu’au moins, dès décembre, on va entendre Ginette, dans les centres d’achats, qui va faire la toune du traîneau (allez hop, allez hop, allez hop, ohé ma Gigi). Que des petites lumières vont s’attacher aux fenêtres des maisons, qu’on va manger gras, qu’on va décorer le sapin, pis monter la crèche (les rois mages qui trouvent une boîte en bois en suivant une étoile… heille ga le grand… est-ce que j’ai une poignée dans le dos. Tu me diras pas qu’ils ont trouvée ça, dans le désert, sans GPS. Non monsieur.)

Parlant de crèche, nous avions coutume, dans le temps où mes grands-parents paternels étaient encore vivants (ben non c’est correct, ils sont morts heureux pis vieux.), d’aller à la messe de minuit pour leur faire plaisir. Nous allions écouter la chorale d’enfants (pis le gros monsieur qui chantait Minuit chrétien). Pendant ce temps là, ma mère restait à la maison pour placer les cadeaux sous le sapin (et se sauvait des bondieuseries par la même occasion.) et les biscuits du Père Noël qu’elle croquait à’ moitié pour faire croire aux enfants qu’il était passé pendant la messe (lui aussi il s’en était sauvé finalement. Lucky Santa). On revenait tout heureux que ce soit fini (parce qu’un prêtre… c’est plate en esti.) et on déballait les cadeaux les uns après les autres, comme des névrosés, en riant très fort (c’est weird un enfant.). Les yeux mi-clos de fatigue, on continuait à manger des cochonneries, pendant que les adultes étaient un peu chaudailles. Des moments de même, j’en voudrais encore et encore.

Comme la fois où, à la maison de l’Île d’Orléans que possédaient mes grands-parents, mon oncle avait mis son plus beau costume de Père Noël (un genre de manteau rouge délavé, avec une barbe en feutre), et cognait dans toutes les fenêtres de la maison, en poussant des HO HO HO tonitruants (le pire des cauchemars dans le fond). Je me souviendrai toujours de son entrée. J’étais stoïque. Barré raide. J’ai fini par crier d’une voix suraiguë : « C’EST PAPA NOËL!! » (comme si personne n’avait compris, le cave). Nous sommes passés au salon, pis toutes les matantes se sont assises sur mon oncle pour avoir leur cadeau (pis deux ou trois jokes de tigaloptigalop par la même occasion). C’est d’ailleurs le jour où j’ai reçu ma première poupée (heille, c’est Noël. Tu commenceras pas à être hétéronormatif, pis me dire qu’un tit gars c’est pas supposé jouer avec des catins stp.). Je m’en souviendrai toujours. C’était une genre de fée, qui venait avec une baguette magique, pis tu pouvais lui mettre des bijoux dans les cheveux en collant le bâton sur sa tête. Elle était malade. J’ai eu cette poupée là longtemps. Je me suis vite tanné de lui sacrer du bling dans’ touffe par exemple.

Autre incontournable du temps des fêtes, dans ma famille, c’était la tradition de la « cueillette » du sapin.  On mettait tous un gros manteau laid, des gants de menuiserie, pis on allait jusqu’au marché pour prendre le plus beau sapin, et le ramener à pieds. C’était l’activité préférée de la blonde de mon père, mais elle avait toujours mal au dos ce jour là, donc mon père et moi trainions la grosse affaire, pendant 20 minutes, jusqu’au domicile familial. Vous dire comment j’aimais ça. Ensuite on le mettait dans une grosse patente en plastique pleine d’eau chaude (parce que c’est ça qui décongèle le king.), et on le regardait s’ouvrir, telle une fleur des neiges (ben voyons la poésie toi). En 2016, on fait pu ça. On commande sur Sapin MTL. Il est livré par deux pétards charmants, pis ça coûte quasiment le même prix (ga comment j’ai pluger ça subtilement). On peut quand même le regarder s’ouvrir comme une fleur des neiges, mais en buvant un scotch, pis en aillant pas mal au dos. On peut même aller jusqu’à pousser le cliché, pis se partir un feu, porter des grosses pantoufles en forme de reindeer, mettre le cd de Céline des fêtes, pis manger des biscuits en pain d’épices en même temps.

Heille la gang, passez un beau temps des fêtes. Pis pour ceux qui sont seuls le 25, vous viendrez souper à’ maison. On chantera du Mariah Carey, en buvant du champagne. XXX